Intelligence Artificielle : De la Fascination à l’Inquiétude face à sa Consommation Énergétique

Le think tank français The Shift Project, présidé par Jean-Marc Jancovici, a publié deux rapports le 28 mars, mettant en garde contre l’impact environnemental de l’intelligence artificielle (IA), des métavers et des réseaux mobiles, notamment la future 6G. Ces technologies pourraient entraîner une augmentation de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre.

Selon Hugues Ferreboeuf, chef de travail numérique du Shift Project, la consommation énergétique du numérique augmente de 6 % par an, représentant déjà 3 à 4 % des émissions mondiales et 2,5 % des émissions françaises. Le rapport met en évidence le risque d’une contradiction profonde entre un futur tout technologique et le respect des limites planétaires déjà dépassées.

Des Choix Technologiques et de Déploiement Structurants

Le Shift Project a appelé à une réflexion sur l’impact écologique du déploiement de la 5G avant son déploiement en 2018. Aujourd’hui, le débat se poursuit avec la 6G, qui devrait offrir une meilleure efficacité énergétique. Cependant, il reste à déterminer si cette efficacité sera utilisée pour réduire les émissions de carbone du secteur ou pour permettre de nouveaux usages plus énergivores.

Le think tank a également souligné l’importance des choix de déploiement, qui sont structurants. Par exemple, le déploiement de la 5G a entraîné un boom des usages en raison de la montée en puissance de l’infrastructure. Le Shift Project préconise une étude comparative des émissions de carbone des options de déploiement, telles que la connexion par satellites, qui peut être une bonne solution pour certaines zones difficilement accessibles.

Vers un Numérique sobre et Résilient

Le rapport du Shift Project appelle à orienter les choix technologiques et de déploiement vers la sobriété numérique, en mettant l’accent sur la transparence des impacts, la formation des acteurs, l’optimisation des technologies et la réorganisation vers plus de mesure. L’objectif est de maîtriser l’impact carbone du système numérique et la croissance des volumes de données.


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