Après sept années de tergiversations, les ministres allemand et français de la Défense, Boris Pistorius et Sébastien Lecornu, ont entériné vendredi 26 avril la répartition des rôles entre industriels français et allemand dans le développement du char commun du futur.
Ce programme emblématique de la coopération de défense entre les deux pays, initié en 2017, était enlisé en raison des rivalités industrielles et des divergences sur les besoins militaires.
Un protocole d’accord pour un partage équitable du travail
Les deux ministres ont paraphé un protocole d’accord qui scelle la répartition équitable de la charge de travail entre industriels des deux pays. Le MGCS (Main Ground Combat System), un « système de systèmes » comprenant un char et d’autres véhicules, sera équipé de technologies de pointe telles que l’intelligence artificielle, des drones pour protéger le char et des lasers.
Des piliers technologiques et des responsabilités partagées
Le programme, cofinancé par Paris et Berlin et dirigé par l’Allemagne, était à l’origine géré par KNDS, une entité formée par le français Nexter et l’allemand KMW. L’arrivée de Rheinmetall en 2019 a compliqué la situation.
Pour dépasser ce blocage, les ministres ont décidé de se concentrer sur les besoins opérationnels des armées de terre plutôt que sur les capacités industrielles de chacun. Huit piliers technologiques ont été définis, avec une répartition des responsabilités entre les industriels français et allemands.
La responsabilité de certains piliers sera partagée, notamment pour la tourelle et le canon, où KNDS-France (ex-Nexter) promeut son canon de 140 mm tandis que Rheinmetall pousse le sien de 130 mm.