Les «forçats du numérique» : derrière l’intelligence artificielle, une armée de travailleurs précaires

L’intelligence artificielle (IA) est souvent perçue comme une technologie avancée, voire inquiétante, mais sa réalité est bien éloignée des représentations hollywoodiennes. En effet, derrière l’IA se cachent des millions de travailleurs précaires à travers le monde, chargés d’annoter des données sans relâche.

Ces «forçats du numérique» sont disséminés dans divers pays, des Philippines au Kenya, et travaillent pour quelques dollars par jour, sans contrat de travail et souvent dans des conditions difficiles.

Des microtravailleurs dans les pays du Nord et du Sud

Ces travailleurs, appelés «microtravailleurs», sont principalement des femmes diplômées dans les pays du Nord et des hommes plus jeunes dans les pays du Sud. Leur nombre est estimé à 16 millions dans le monde, et ils travaillent pour des entreprises occidentales, contribuant ainsi à l’essor de l’IA.

Des tâches répétitives et mal rémunérées

Les tâches confiées à ces microtravailleurs consistent à annoter et valider des données, souvent manuellement, pour des entreprises telles que ChatGPT. Ces emplois sont généralement mal rémunérés, avec des salaires versés en ligne et hors du système bancaire national, ce qui rend ces emplois non déclarés.

Une exploitation déguisée en sous-traitance indépendante

Ces travailleurs sont considérés comme des sous-traitants indépendants, même s’ils ont un lieu de travail fixe, des chefs et des horaires de travail déterminés. Cette situation s’apparente à de l’exploitation, car aucun contrat de travail n’est proposé et les conditions de travail sont souvent difficiles.


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