Le 8 mars, Sébastien Lecornu a lancé la stratégie ministérielle relative à l’intelligence artificielle (IA), annonçant ainsi la création de l’agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD). Son rôle : permettre à la France de maîtriser ces technologies de manière souveraine, sans dépendre des autres puissances. Nous présentons les ambitions de cette nouvelle agence avec Bertrand Rondepierre, son directeur.
Pourquoi une agence ministérielle dédiée à l’IA de défense ?
L’utilisation de l’IA au sein du ministère des Armées n’est pas récente, puisque des investissements et près de 400 projets ont été engagés dès 2018. Cependant, face à la maturité croissante de cette technologie, il est devenu nécessaire d’accélérer le rythme. L’AMIAD a donc pour mission de professionnaliser l’usage de l’IA dans les armées, en réintégrant des capacités souveraines et en mettant en place de nouveaux modes de collaboration avec l’écosystème académique et industriel lié à l’IA.
Quelles seront les conditions de succès de l’AMIAD ?
Trois facteurs sont déterminants pour le succès de l’AMIAD : l’accélération, la subsidiarité et l’intégration au sein du ministère. L’agence doit déployer l’IA de manière opérationnelle et soutenue, collaborer avec les autres entités du ministère, et s’assurer que les développements permis par l’AMIAD soient intégrés à la gouvernance et aux processus opérationnels.
Quels moyens seront alloués à l’AMIAD ?
L’AMIAD disposera de 300 millions d’euros par an sur la loi de programmation militaire et comptera 300 talents recrutés d’ici 2026. Ces ressources humaines et financières permettront à l’agence de disposer de moyens de calcul importants pour la conception et la mise en production de leurs IA de manière souveraine.