La romancière Nathalie Azoulai soulève des questions sur l’émotion suscitée par les œuvres créées par l’intelligence artificielle, mettant en lumière les inquiétudes du monde de l’édition. Rencontrée au Festival du livre de Paris, elle interroge le potentiel des machines à émouvoir les lecteurs.
La création de textes instantanés grâce à l’intelligence artificielle générative est devenue une réalité, avec des outils tels que ChatGPT (OpenAI) ou LlaMA (Meta). Cette facilité pourrait conduire à un excès de publications, au point qu’Amazon ait dû limiter le nombre de titres publiés par auteur. Cette pratique remet en question le travail des écrivains qui consacrent des mois voire des années à l’écriture d’un livre.
Amazon exige désormais la signalisation des œuvres générées par l’IA, marquant ainsi une frontière délicate entre création assistée par l’IA et création traditionnelle. Malgré cela, certains ouvrages parviennent à contourner ces règles, suscitant des débats sur le respect du droit d’auteur et la qualité littéraire.
Les écrivains se mobilisent face à cette pratique, avec des plaintes collectives soulignant la violation du droit d’auteur. L’absence de consultation des auteurs par les opérateurs d’IA soulève des inquiétudes quant à la créativité et à l’originalité des œuvres produites.
Alors que le secteur de l’édition est qualifié de « Far West » en l’absence d’accords clairs, le Parlement européen a adopté l’IA Act pour encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle, notamment en ce qui concerne la protection des droits d’auteur et la transparence des pratiques.
Les voix se multiplient pour appeler à une régulation plus stricte dans le domaine de l’IA et de la créativité, mettant en lumière les enjeux sociétaux et économiques liés à l’émergence de ces nouvelles technologies dans le monde de l’édition.