L’industrie culturelle numérique : une hyperpersonnalisation préjudiciable à notre sensibilité

L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie culturelle promet une rencontre optimale entre les besoins humains et la production. Cependant, l’hyperpersonnalisation de nos itinéraires numériques réduit la richesse de notre sensibilité à une somme d’interactions avec un écran.

Depuis des décennies, l’« industrie culturelle » a transformé l’œuvre d’art en marchandise standardisée distribuée à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, les plateformes de divertissement telles que YouTube, Netflix, Spotify, TikTok ou autres sont devenues le médium privilégié de nos rencontres avec les œuvres d’art.

L’IA dans l’industrie culturelle numérique

L’IA n’est pas une entité autonome dans l’industrie culturelle numérique. Elle consiste en un processus de traitement des données massives dans le but d’automatiser la prise de décision à chaque étape de la chaîne de valeur. Les plateformes veulent exposer devant nous les contenus qui correspondent le mieux à nos profils, influençant ainsi notre pratique culturelle.

Marx, production et consommation

Karl Marx souhaitait que la production soit calquée sur la consommation « en tant qu’image intérieure, en tant que besoin, mobile et fin ». L’industrie culturelle numérique enregistre nos usages et façonne les catalogues disponibles, fournissant ainsi l’image idéale de nos préférences. Cependant, elle oublie la vision plus riche de Marx, où le rapport entre l’humain et l’objet devait être total et où la vie devait être empreinte de réciprocité.

Une attention à sens unique

L’industrie culturelle numérique poursuit le double objectif de limiter la personne à son terminal et à soi-même. Le marketing autour de la connectivité générale cache mal que nous effleurons la réalité du bout des doigts au lieu de l’étreindre. Les Big Tech ne cherchent pas à nous ouvrir au monde, mais à reporter toujours plus loin le moment de la déconnexion, qui préserve de l’extractivisme des données consubstantiel à l’économie numérique.


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