Le géant taïwanais des semi-conducteurs, TSMC, a récemment inauguré sa première usine au Japon, dans le contexte des tensions avec la Chine. Cette décision fait écho aux appels de plusieurs gouvernements exhortant TSMC à délocaliser une partie de sa production en dehors de Taïwan. L’emplacement de l’usine au Japon n’est pas dû au hasard, compte tenu de l’importance accordée par le gouvernement japonais à la relance de son secteur des microprocesseurs.
Coûtant plus de 8 milliards d’euros, l’usine de Kyûshû dans le sud du Japon bénéficie d’une subvention de 40% de la part du gouvernement japonais. Ce dernier a en effet fait de la relance du secteur des microprocesseurs une priorité, avec un budget prévu de 20 milliards d’euros d’ici 2027. Le Japon doit rattraper son grand retard, car à la fin des années 1980, les fabricants japonais produisaient plus de 50% des semi-conducteurs mondiaux. Cependant, ils ont été dépassés par les concurrents taïwanais et sud-coréens, plus compétitifs, si bien que leur part de marché est désormais de 7%.
La Sécurité Économique en Jeu
La dépendance excessive de l’étranger en matière de semi-conducteurs représente un risque en termes de sécurité économique. Pendant la pandémie de Covid-19, la rupture des chaînes d’approvisionnement mondiales en microprocesseurs a fortement pénalisé les constructeurs automobiles japonais. Le gouvernement japonais vise à créer une «Nippon Valley», à l’image de la Silicon Valley américaine, en attirant des investissements étrangers dans le secteur des semi-conducteurs.
Un « Cercle Vertueux » Espéré
TSMC propose à ses employés des salaires 20 % plus élevés que la moyenne nationale, ce qui, selon le gouvernement japonais, entraînera une hausse des prix et des salaires, contribuant ainsi à mettre fin à trente années de déflation au Japon.