La France a autorisé l’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) dans huit situations spécifiques, telles que la détection d’incendies, de mouvements de foule, d’objets abandonnés, ou la présence de véhicules ou de personnes dans des zones interdites.
Ce dispositif vise à alerter les pompiers, la police ou la gendarmerie. La VSA pourra être testée lors de manifestations sportives, récréatives ou culturelles présentant des risques accrus de terrorisme ou d’atteintes graves à la sécurité des personnes.
Déploiement décrié et garanties du ministère de l’Intérieur
L’utilisation de la VSA est vivement critiquée par des associations de défense des libertés individuelles, qui craignent une banalisation de technologies toujours plus intrusives, comme la reconnaissance faciale.
Toutefois, le ministère de l’Intérieur assure que les solutions retenues par l’État n’incluent pas la reconnaissance faciale et que les événements nécessitant la VSA seront encadrés par un arrêté préfectoral précisant la durée, le lieu et les motifs.
Fonctionnement du logiciel Wintics
La société parisienne Wintics, l’une des quatre bénéficiaires du marché public de la VSA, a développé un logiciel qui ne traite pas les visages ou les plaques d’immatriculation, mais détecte simplement des objets dans des zones prédéfinies.
Des tests ont été réalisés en mars lors de concerts de Depeche Mode à Paris, et d’autres opérations sont prévues avec la SNCF et la RATP.
Vidéosurveillance banalisée et déploiement dans les Yvelines
Le département des Yvelines a installé 3 255 caméras de vidéosurveillance équipées d’un dispositif algorithmique anti-intrusion dans ou aux abords de 150 sites depuis 2019.
Ce système permet de détecter les intrusions et d’alerter les services de police, mais son efficacité fait débat, certains craignant une banalisation de la vidéosurveillance et une « surenchère technologique ».